ESKELINA

Son accent ne vous dit rien, il vient d’un ailleurs qui n’a pas l’habitude de chanter la langue de Brassens. Et pourtant, c’est de cet endroit qu’arrive une merveilleuse nouvelle pour la chanson française. Elle s’appelle Eskelina, elle a grandit quelque part en Suède, coincée entre les grandes forêts scandinaves et la mer Baltique, et elle nous offre un album amoureux, féminin, libertin, rebelle et d’une simplicité déconcertante. Un album qui est en passe de permettre à ce petit bout de femme de s’imposer durablement dans le paysage de la chanson.

L’histoire d’Eskelina ressemble à un conte de Grimm. Comme tous les contes, il commence dans une maison de bois, emmitouflée dans un village de 40 âmes, perdu dans les forêts d’Europe septentrionale. C’est là bas, isolée du monde qu’Eskelina grandit. Dans la région du Blekinge, au sud-est de la Suède, on suit un mode de vie proche d’une nature omniprésente. De son père, il lui reste les trois guitares qui trainent dans le salon. Elle s’attache à faire revivre les chansons folk US (JOHNNY CASH, SIMON & GARFUNKEL, les BEATLES, Stevie WONDER) qu’il avait l’habitude de fredonner, ainsi que celles du célèbre poète suédois DAN ANDERSON. En
Suède, les nuits sont longues et froides, et la musique est un remède à l’ennui. On chante beaucoup, en famille, entre amis, ça réchauffe. C’est comme ça qu’à 13 ans elle fonde son premier groupe et écrit, déjà, ses premières chansons.

Elle rêve d’en faire sa vie. Mais vient la désillusion. Si elle veut sortir du circuit des pubs aux assistances bruyantes et éméchées, elle a l’impression qu’elle devra faire comme certaines de ses camarades: perdre sa liberté artistique et se conformer aux canons réclamés par l’industrie musicale pour décrocher un contrat.

Mais il faut se relever, il faut partir. Loin. Où ? Elle adore la France, pour ses mots qu’elle trouve beaux. Eskelina est une battante, elle a des amis dans les environs de Sarlat dans le Périgord, qui vivent sans l’eau courante, ni l’électricité, mais qui acceptent de l’accueillir. Désapprendre la vie qu’elle ne voulait plus lui fait un bien fou. Le vieux Sarlat aux murs calcaires d’un jaune mielleux la réconforte. Ils forment aussi un cadre idéal pour les artistes de rues qui y sont nombreux les soirs d’été, faisant résonner la ville de musique, de rires et d’applaudissements. On peut donc faire de la musique comme ça ? Cette révélation ravive son ancienne passion.

Elle dégote une guitare et se remet en scène, pour un public de passants et de touristes attentifs. Eskelina ressuscite, ses prestations fonctionnent à merveille. Elle enregistre une maquette pour la vendre dans la rue, habite à droite à gauche, et commence à jouer dans de petits festivals.

Elle rencontre un jour Christophe BASTIEN, guitariste du groupe DEBOUT SUR LE ZINC, à qui elle donne une démo. Lui qui a toujours rêvé de composer pour une femme a trouvé sa voix. Il appelle pour les textes Florent VINTRIGNER, poète et élève d’Allain
LEPREST, qui officie dans LA RUE KETANOU. Rendezvous est pris chez lui, à Giverny en Normandie.

Ces trois-là apprennent à se connaître et la magie opère. Ils partagent le même amour du voyage, de la bohème, de la scène et une sensibilité commune. Et c’est autour d’une table et d’une guitare que les chansons jaillissent, amoureuses (« Milan »), rebelles (« Entre les lignes », « Désordre »…) libertines (« Emilie »), érotiques (« L’Amoureuse »), voyageuses (« La valise rose » ). Tout un répertoire se construit autour d’ESKELINA. A la fois muse et complice des deux garçons, ils ne font que la traduire en chanson.

La jeune femme part alors sur les routes. Elle effectue de nombreuses 1ère parties (ALEXIS HK, Sophie MAURIN, Sandra N’KAKE, LA RUE KETANOU, DEBOUT SUR LE ZINC) et se fait remarquer sur de nombreux festivals (1er Prix du public et 3ème Prix de Jury LE
MANS CITE CHANSON, 3ème prix du public au festival ALORS CHANTE, Musicalarue…). Elle rentre dans la foulée en studio pour l’enregistrement du disque. Les arrangements seront simples, chaleureux, acoustiques, boisés, dans la veine des SIMON &
GARFUNKEL de son enfance. Une bonne chanson n’a pas besoin de plus.

Aujourd’hui l’album est né. Son premier extrait sera « Je reviens », une chanson dédiée au sentiment et à la mélancolie ressentis lorsqu’on revient dans un endroit qui nous est cher et que l’on a quitté depuis longtemps.

Paradoxalement, dans cet album, Christophe et Florent occupent la place de l’interprète.
Des interprètes qui ont traduit, en mots et en musique, ce qui brûle au plus profond de cette femme. Ce disque n’a pas été écrit et composé par Eskelina, il est Eskelina, et tout ce qui bat en elle.

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